Attention à son baiser

Le lundi 06 Février à 13h24, rue Olympie à Colombes

L’obscurité, la pénombre, l’ombre, un peu de lumière. Mes yeux fermés s’ouvrent à peine, ils s’entrouvrent et se libèrent, la lumière envahit le fond de mon âme et l’éveille. Je sens, confusément sur ma peau, comme le souffle d’une vague qui m’embrasse, me saisit avec délice. Délicatement, tout le faisceau de mes sensations s’anime et je sens bientôt toucher celui des sentiments : je vais aimer. Ce n’est pas assez dire : j’aime déjà, je reconnais cette haleine familière, tiède et humaine. Je l’aime et je la veux mêler à la mienne, là est tout le bonheur. Et sa chevelure… c’était dans les contes qu’on raconte aux enfants, je me souviens. Elle avait une chevelure marine qui embaumait pourtant la myrrhe. Etait-ce en Bretagne, était-ce en Orient ? Soit qu’elle apportait l’océan par sa présence, soit que l’océan rappelle constamment la sienne, c’était un pays qui lui ressemblait, un pays sans pays qui mélange toutes les mœurs, celui que sent le cœur après avoir fait l’amour. La lumière puissante filtre dans ses cheveux, elle tend vers moi la même main qui m’envoyait encore un baiser. Je suis allongé dans un sable brûlant, je vois, et je ne saurais dire si la lumière, qui maintenant m’éblouit, vient d’elle ou du soleil. Soleil ou océan, je la suis, nous courrons, nous partons…