Contemplation

Le mardi 19 Avril à 12h38 au Parc Montsouris

J’avais besoin de tout quitter, pour un jour, effacer et reprendre tout à nouveau, donner un nouveau rythme à toutes les choses. Je me suis levée ce matin et j’ai pensé très fort : pourquoi devrais-je me priver de tout ce qui fait la beauté de la terre ? Je me suis mise au miroir : mes cheveux étaient sales, mes yeux morts et cernés, mon corps était partout engourdi et privé de la vie que mon enfance a senti dans ses veines. J’étais devenue étrangère à moi-même ! Alors je me suis souvenue d’un texte ancien, comme d’un poème : « Sous le charme de Dionysos, la nature fête sa réconciliation avec l’homme, son fils prodigue. La terre offre d’elle-même ses dons, les bêtes fauves des rochers et des déserts approchent pacifiées. Le char de Dionysos se couvre d’une guirlande de fleurs, la panthère et le tigre marchent accouplés sous son joug ». Où étaient ces rochers ? Je les voulais sous mes mains, je voulais les sentir, les caresser. J’ai pris une douche énergique, et sans maquillage, je me suis jetée dans l’enfilade. J’ai trouvé cet espace de fable que je ne vous nommerai que lorsque je serai sûre que ce n’est pas pour vous qu’une partie de campagne, que vous allez tout sacrifier à cette nature généreuse. Couverte d’une guirlande de fleurs, l’ivresse m’a prise, je sentais et la terre et la mousse, et la pierre élimée par l’eau naturelle tombant en fines cascades. J’ai baissé les yeux en pensant à vous, j’ai senti mon corps vivre et vibrer devant la terre ; j’ai senti l’influx. Je ne peux plus me compromettre… je ne peux plus rêver qu’à moitié… Que feriez-vous à ma place ?