Un très long sommeil

Le mardi 06 Septembre à 15h46, rue des Roses à Antony

Je n’ai pas arrêté. Il y a deux minutes encore, la peine crispait mes traits. C’est vrai qu’il me fait du mal, qu’il promet trop et tient peu ; il m’appelle sa belle au bois dormant. Drôle d’histoire, j’ai horreur des contes de princesses et j’ai vu des princes plus beaux, bien plus charmants que lui ! Cela me touche pourtant, je vois une image de nous et je m’en vais, détendue. Silence… je dors, je pense, je rêve : je rêve que je suis endormie, que je rêve ; je me vois dans un salon tapissé de miroirs, c’est étrange, je ne saurais dire où, quelqu’un mange mes deux enfants à côté de moi. Tout mon corps est lymphatique. Une bête s’approche de moi, respire, comment pourrais-je être mangée ? Je ne pèse pas plus qu’une plume. Le sommeil et le temps suspendu pondèrent chaque fibre de ma peau. Toute la chair du péché s’est évanouie, il n’y a jamais eu de péchés. Non, je n’ai pas peur parce ma beauté de sommeil me protège du monstre. Soudain, j’ouvre les yeux, j’entends la voix de mon petit ami ; il dit qu’il a faim.